Fontaines et mascarons

 
« Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?
- On en fait ce que l'on veut...
- Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine... »

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince.

Pendant des siècles les parisiens n'eurent guère qu'un litre d'eau à consommer, soit cent fois moins qu'aujourd'hui.
Alors qu'il nous suffit de tourner un robinet pour avoir de l'eau, quitte à la gaspiller, nous avons du mal à imaginer qu'elle fut pendant si longtemps une denrée rare et chère.
Cette pénurie fit la prospérité de la corporation la mieux organisée de la capitale, celle des porteurs d'eau, intermédiaires obligatoires entre les habitants et les fontaines publiques qu'ils monopolisaient. Évalués à 5000 à la fin du XVIe siècle, il était pratiquement impossible de s'approvisionner seul sous peine de recevoir quelque mauvais coup.

Ce fut surtout au XVIIe siècle, grâce à l'aqueduc d'Arcueil, que les fontaines devinrent nombreuses à Paris ; au XVIIIe siècle il y avait encore plus de 2000 porteurs d'eau et l'on pouvait compter 70 fontaines publiques.
L'eau s'écoulait parfois d'un masque de fantaisie, humain ou animal : le mascaron, terme venant de l'italien, mascarone, grand masque. Outre son emploi comme orifice de fontaine, le mascaron décore les portes, les clefs ou agrafes d'arcs, les corniches, entablements et consoles.

C'est quelques fontaines ornées d'un mascaron que nous voulons vous présenter ici.


Mise à jour du 21/12/2001
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